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27-09-2013

onParleDeNous-8

Par Karine Pollet

Sur la grande table de la cuisine, Marc et Noël épluchent énergiquement les légumes tout en bavardant, avant de s’attaquer au taboulé au boulgour et aux fèves. A côté, Yolande et Hamida lavent puis émincent les oignons, carottes et courgettes qui serviront à confectionner les galettes de légumes. En face, Marie-Pierre et Pamela préparent le dessert : un gâteau à la farine de pois chiche. Annette et Léa préparent, elles, un plat turc, le köfte de lentilles…

Tous participent, ce jeudi matin, à l’atelier cuisine animé par Anaïs Beddeleem, salariée du groupement de l’agriculture biologique des Hautes-Pyrénées (Gab65), dans l’enceinte du Secours populaire de Tarbes. Elle est arrivée avec un grand carton de victuailles et d’ingrédients « bio », et munie de plusieurs recettes faciles à base de légumineuses et de céréales.« Les légumineuses (pois chiches, lentilles, quinoa, haricots blancs…) et les céréales (blé, sarrasin, orge, épeautre…) sont riches en protéines végétales et accessibles financièrement. Pour un repas d’une douzaine de personnes, cela m’a coûté cinquante euros et ils en rapporteront chez eux. D’où l’intérêt d’apprendre à les cuisiner simplement et, au passage, de revoir des techniques de base », explique Anaïs, sans cesse sollicitée pour ses précieux conseils. Une fois par mois, elle anime cet atelier, auquel participent huit à dix bénéficiaires du Spf 65, autour d’un thème différent à chaque fois : cuisine de saison ou du monde, fabrication de pain bio, visite d’un marché ou d’une ferme bio, cuisine des produits du « libre-service de la solidarité » (aide alimentaire) de la permanence tarbaise du Spf, etc.« Quand on vit dans la précarité alimentaire, c’est-à-dire avec une alimentation déséquilibrée et de mauvaise qualité nutritionnelle, on est en moins bonne santé. L’obésité frappe d’ailleurs majoritairement des populations socialement démunies. Avec cet atelier, nous n’avons peut-être pas la capacité de modifier les comportements alimentaires de toutes les familles accueillies, mais nous pensons qu’il est utile de leur proposer cet accompagnement, afin d’en aider certaines à sortir de cette précarité », résume Pascal Lachaud, président du Gab65 et adhérent de Mutami.

Au-delà de l’aspect « éducatif », l’initiative permet aux participants de tisser du lien social, parfois de rompre leur isolement. Et quand arrive l’heure du repas, l’ambiance est encore plus décontractée et conviviale. On savoure, toutes papilles en éveil, ce qu’on a concocté ensemble !